DerNIERES CHRONIQUES :


Entretien e-mail réalisé par Christoune le 16/04/08.

Lamster est un jeune groupe wallon de "bon vieux metal" comme on dit par chez nous. Jeunes et plein de bonne humeur, Lamster a gagné le concours tremplin du Namrock 2008, ce qui l'a propulsé sur les planches d'un festival comptant quelques gros noms du metal d'aujourd'hui, dont Samael pour ne citer qu'eux ! Attiré par ce combo et leur mentalité plus qu'anecdotique, je me suis permis de leur proposer une interview qu'ils ont accepté sans poser de question. Mesdames et messieurs, pour vous, voici Lamster godferdom !

Tout d'abord, pourrais-tu présenter le groupe ?
Fred : Lamster est un groupe mêlant HEAVY, THRASH et STONER. Ce style de composition vient sans doute de mon attirance pour le blues. Si un jour, je devais me reconvertir, je ferais du blues. Ce style musical n'est pas complètement conscient, les morceaux sortent comme ça et voilà. Il n'y avait pas de style convenu au départ. Nous n'avons pas décidé « On va faire un groupe de Trash Metal » ou « On va faire un groupe de Death », la composition reste ainsi très libre.Dès le départ, nous avons décidé de miser sur un capital humain plutôt que de se diriger d'emblée vers la performance technique. Vous verrez donc dans Lamster une vieille bande de potes. C'est très pratique pour la communication au sein du groupe, ça permet aussi d'être un peu plus direct quand quelque chose ne fonctionne pas et ça rend également le travail beaucoup plus agréable. Le groupe se compose donc de : Stef, mon petit frère avec qui on a joué pendant 6 ans avant LAMSTER. Greg, un vieil ami qui est arrivé après deux ans dans cet ancien projet lorsque nous avons décidé de faire du metal. Vincent, avec qui j'avais essayé de monter un projet il y a quelques années. Bernard qui jouait de la basse dans l'appartement en-dessous de chez moi. Sacré Bernard ! Et moi.
Greg : Lamster est tel qu'il est, avec ses 5 membres, depuis 2ans à peu près, mais le projet était déjà en route depuis au moins 3 ans avant que la première répète, avec Fred, Stef et moi n'ait lieu. Fred travaillait déjà sur le projet, qui n'était pas encore Lamster, avec d'autres qui ont abandonné. Je l'ai rejoint 2 ans avant la première répète et nous jouions les morceaux qu'il avait composés et bossions de la technique. Le style dans lequel nous avancons n'est apparu véritablement qu'après avoir complété le line-up.
Darky : 5 êtres humains avec un côté rock'n roll bien développé. Stimulation du côté Rock'n roll de chacun par ceux des autres. Du Heavy/STONER METAL. On a donc la formule LAMSTER = (R'n'Roll X 5)³ + HEAVY/STONER METAL

Que signifie Lamster ?
Fred : Vacherie ! Tu me le paieras un jour ou l'autre ! Nous avons commencé le groupe sans avoir d'identité. Au bout d'un certain temps, voyant le nombre de compos augmenter et le style du groupe émerger, nous avons décidé de trouver un nom. Il fallait qu'il soit court et original. Je ne sais plus trop comment c'est arrivé mais un de nous a sorti « LAMSTER ! Haha ! » et ça plaisait. Pourquoi pas, ça sonne pas mal... Nous ne sommes pas allés dans le dictionnaire, c'était un mot complètement abstrait mais malheureusement, il a une signification... Je crois que je m'en suis bien tiré mais j'ai peur des réponses qui vont suivre !
Greg : Petite anecdote : le jour où l'un de nous a sorti "Lamster", étant donné le côté abstrait du nom, on s'est amusé à inventer plein d'explications sur ce nom. C'était nul, mais très marrant (avec de la bière).

Quels sont vos goûts musicaux en général au sein du groupe, êtes vous fort différents les uns des autres à ce point de vue ?
Fred : Personnellement, je n'écoute quasiment que du metal et je suis effrayé par le nombre de groupes géniaux que je ne connaîtrai jamais. Mais je ne crache absolument pas sur le reste... J'aime les classiques du Rock et le blues autant old school que new school. Je ne crache pas non plus sur la vieille chanson française style Brassens ou Brel. En gros, quand c'est intègre, que ça dégage quelque chose et que ce n'est pas fait juste pour le pognon, c'est bon ! Le metal reste pourtant mon style préféré, ça génère chez moi des pulsions d'énergie très agréables. Je pense que tous les « métaleux » connaissent ça. Question groupes, j'ai une préférence pour le metal des 90's. Je suis évidemment un grand fan de Pantera et des projets qui en ont découlé mais aussi d'autres groupes à guitar hero. J'ai souvent écouté des musiciens comme Marty Friedman (Cacophony, Megadeth), Satriani, Malmsteen, Petrucci... Je suis d'ailleurs un peu triste qu'on entende de moins en moins de solos, c'est un peu Korn qui a discrédité tout ça mais pour moi, c'est de la connerie.
Vincent : pareil, je n'écoute presque que du metal mais je suis ouvert à tous les styles de musique, car avant d'être fan de metal, je suis d'abord un drogué de musique, j'en écoute partout et tout le temps, même un peu de musique à pognon de temps en temps. Sinon, question influences, mon groupe préféré est Pantera, et en général, les groupes que j'écoute le plus sont Nirvana, Napalm Death, Down, Motorhead...
Ber (trand)ou(nard) : J'écoute principalement du métal et du rock, mais j'écoute de tout. J'aime la diversité, chaque style a quelque chose de spécial et c'est ça qui me plait. On peut même me retrouver à des soirées électro ou à des concerts de reggae ,ska...du moment que la fête est au rendez-vous... Greg : Je pense que j'aime tout excepté ce qu'on peut entendre à longueur de journée sur les radios populaires ou ce qui passe dans les boites à beaufs. Ce que je préfère de loin c'est le metal, mais je n'écoute pas que ça. Je suis par exemple en train d'écouter "On an Island" de David Gilmour et c'est génial, quel Génie ce type.
Darky : De plus en plus, je sais reconnaître des qualités et le talent dans beaucoup de styles. Après notre prise de contact avec le rock qu'a relatée Fred, je n'ai pas exploré plus que ça le metal. Je ne suis pas un grand connaisseur de ce style. Je suis par nature plus pop et par exemple un grand fan de Bowie. Je suis branché rythme, mélodie et authenticité avant tout. Ce qui laisse la porte ouverte à pas mal de style...

Est-ce que les goûts musicaux de chacun des membres du groupe aident ou freinent votre création musicale ?
Fred : Il suffit de lire les réponses de mes amis à la question précédente pour se rendre compte que nous avons des goûts très variés et même des goûts allant souvent en-dehors du metal. Je pense que la fraîcheur de Stef par rapport au métal (même s'il a pratiqué pendant pas mal de temps) lui donne aussi une certaine fraîcheur et une certaine originalité point de vue écriture. Parfois, je me suis dit qu'il n'écoutait pas assez de metal mais son écriture au sein du groupe m'a souvent impressionnée. Il faut bien écouter son intro dans "Rider"...
Greg : Fred est le compositeur principal de Lamster, donc dans la composition initiale, ses goûts prédominent. Dans l'interprétation par contre, on apporte tous notre manière de voir les choses, chacun nos petits 'tics' de jeu, puis la 'magie' Lamster opère et nous (moi), on (j') adore.
Darky : Peu importe le style, mon intention première en tant que batteur, c'est de mettre en valeur rythmiquement le morceau en respectant sa dynamique. Mon objectif est d'être basique mais original.

Comment avez-vous connu le metal ?
Fred : Nous avons commencé à jouer de la musique il y a 14 ans avec mon frère. A l'époque, tu ne pouvais pas passer à côté du rock dur. Il y en avait partout. Tu allumais ta télévision et tu pouvais écouter Nirvana, Sound Garden, Alice In Chains, Pantera, Metallica, Megadeth, Slayer... Nous n'avons donc pas eu trop de mal à découvrir le metal. Bien avant de jouer, j'ai découvert le rock avec Guns & Roses et Nirvana. J'adorais le côté dur et les solos de Slash. Ensuite, je suis vraiment passé à Nirvana que j'écoutais déjà depuis un bon bout de temps mais qui, à un moment, m'a donné envie de jouer de la guitare. Après deux ans, de répètes quasi-quotidiennes, nous avons eu envie de faire du Metal... Je crois que ma plus grosse révélation Metal fut l'achat, le même jour, de deux albums de Pantera : Cowboy From Hell et The Great Southern Trendkill. Je les ai écouté un milliard de fois avant d'avoir les autres albums.
Greg : A part Metallica que je connaissais déjà à mon époque Nirvana, j'ai entendu Fucking Hostile sur un thunderdome (et c'est pas une blague) et j'ai voulu entendre la version original, j'ai alors découvert Pantera. Ensuite, je pense que l'autre groupe qui m'a marqué à cette époque c'était Cannibal Corpse. Je connaissais aussi Biohazard, mais je n'aimais pas du tout. Je les ai vus en concert et je suis parti après 3 morceaux ... Je ne le ferais plus maintenant même si je n'écoute pas vraiment ce (bon) groupe.
Ber (trand)ou(nard) : Le tout premier groupe de métal que j'ai écouté a été Korn, les autres styles ne m'offraient pas assez de satisfaction, c'est en entendant ça un jour dans la chambre de mon frère que je suis tombé amoureux du métal. Depuis j'ai été un peu voir tout ce qui se passait autour du métal, les différents dérivés, et je continue encore maintenant, tous les jours je découvre de nouveaux groupes, de nouvelles sonorités, le choix est très large! Y a rien a faire, j'aime le métal .
Vincent : J'écoutais de la techno (hé oui) mais heureusement, à 17 ans, la rencontre d'un nouveau pote m'a permis de découvrir le metal. Il m'a fait écouter 2 ou 3 trucs et j'ai tout de suite accroché, en fait ça m'a procuré les sensations que j'avais toujours recherchées dans la musique. Donc, il me propose de l'accompagner à un concert avec son frère, et quel concert : Channel Zero à l'Eden à Charleroi!!! Merci les frères Renard ! Très vite je me suis acheté une guitare, puis on a joué pendant pas mal de temps avec un pote qui commençait la gratte aussi. On est allé à plein plein de concerts hardcore et on a essayé de former un groupe mais rien ne s'est jamais concrétisé. Dans ces tentatives, il y a eu un petit projet avec Fred, mais comme il y avait déjà deux guitaristes (fred et mon pote), je me suis lancé comme chanteur. Le groupe dure à peine 6 mois, on se sépare, et 5 ans plus tard, je retrouve Fred et Greg à Namur, on reprend doucement contact autour de plein de bières puis ils me proposent de chanter dans leur groupe et voilà, après, c'est maintenant.

Une question pour votre chanteur, Vincent, on peut entendre que ton chant est assez particulier, quel est ton modèle pour le chant ?
Vincent : Ben d'abord je ne pensais pas avoir un chant particulier, mais tant mieux s'il l'est, en positif j'espère. Pour moi, le plus grand des plus grands c'est Phil Anselmo, il peut tout faire ce mec, il a vraiment une grande influence sur ma manière de chanter mais il a des capacités que je n'ai pas donc je ne crois pas que ça se ressente beaucoup. Par contre, j'adore aussi la voix de Lemmy Kilmister, et sans vouloir me comparer à lui, je pense que son influence se ressent plus dans ma voix. Enfin, j'ai beaucoup été influencé par le chant hardcore parce que j'en ai écouté énormément à mes début dans le metal.

Depuis tout ce temps, et avant votre line up complet de 2005, avez vous connu beaucoup de changement, autant au niveau style que de musiciens ? Avez vous eu beaucoup de mal à trouver votre propre style ?
Fred : Lamster est né du split de Disease, notre ancien projet. Quelques temps après je me suis mis à écrire tout autre chose. Tout seul chez moi avec mon PC. J'étais au chômage à l'époque et je passais quasiment tout mon temps sur ma guitare. Au bout d'un certain temps, je suis arrivé à une douzaine de compos metal. J'étais à l'époque déjà influencé par Pantera mais aussi par Slayer, Testament, Anthrax, Megadeth, Annihilator... Tout doucement, mon plaisir à l'écriture s'est estompé, ne voyant aucune concrétisation. Comme moi, mon frère et Greg tournaient un peu en rond musicalement, j'ai proposé mon projet et nous avons commencé à bosser. Nous n'avons gardé au départ que deux morceaux sur tout ce que j'avais fait ! (oh joie) Puis finalement, nous n'en avons plus gardé qu'un qui correspondait au style de LAMSTER, Involved. Vincent est arrivé très rapidement et nous avons joué quelques temps sans basse. Puis un jour, j'ai dit aux autres qu'un gars jouait de la basse dans l'appartement en-dessous de chez moi. Ils y sont allés, ça a intéressé Bernard qui a rejoint le groupe. Il n'y a eu aucun changement depuis et il n'y en aura sans doute jamais.
Greg : Je n'ai pas le sentiment qu'on ait vraiment cherché un style. Ca s'est passé comme ça au fil du temps, plein de morceaux sortis tout droit de la tête de Fridirisch, on a effectué un tri dans ce panel naturel dans ce panel puis hop, Lamster.

A propos de trouver votre style, on pourrait reprocher à Lamster (bien que ce soit plutôt flatteur) de beaucoup ressembler à Pantera ou Down. Que répondez vous à cela ?
Fred : Oui, justement c'est très flatteur. Mais je pense que tout le monde ne retire pas la même chose de la musique qu'il écoute. Tu retrouves peut-être du Pantera dans Lamster parce que ce que tu tires de Lamster est proche de ce que tu tires de Pantera mais d'autres ne verront peut-être pas le rapport entre les deux styles. Évidemment, Pantera est une de mes grandes influences, c'est un des seuls groupes que j'écoute depuis aussi longtemps... Mais je ne veux pas faire du Pantera, je veux faire du Lamster.
Greg : Je fais exactement ce que j'ai envie de faire musicalement avec les personnes avec qui j'ai envie de le faire. Si ça fait penser à Pantera ou à Down, tant mieux, c'est exactement mes préférences dans le metal. Je pense qu'on est super proche point de vue style de ces 2 groupes mais ça n'est pas du plagiat selon moi. 3 personnes m'ont dit, après le Namrock, qu'on faisait du Black Sabbath ... Comme Fred le dit: 'Tu retrouves peut-être du Pantera dans Lamster parce que ce que tu tires de Lamster est proche de ce que tu tires de Pantera'. Certains tirent du Black Sabbath de Lamster alors. J'espère juste que personne ne dira qu'on fait du Tokio Hotel sinon je retourne dans mon groupe de reprises de Popa Chubby.

A quelle fréquence répétez-vous ? Et dans quel type d'ambiance se déroule une répétition de Lamster ?
Fred : Nous répétons tous les vendredis et parfois le samedi quand notre emploi du temps le permet. Le local est à 70km de Namur... Nous travaillons aussi beaucoup chez nous. Je gratte à peu près 2h par jour et parfois je travaille avec Greg ou Vincent qui vivent dans le coin. Bertrand arrive parfois une heure ou deux avant les autres avec mon frère pour travailler sur la section rythmique. Tout ça nous permet de soutenir un certain rythme de travail malgré les distances qui pourraient être très pénalisantes pour le groupe. Pour l'ambiance, c'est sérieux pendant les répétitions et très décadent après. Tu ne trouveras pas de bière dans le local. C'est interdit. Par contre, si tu assistes un jour à une répétition et que tu repasses chez mon frère après, tu risques de te réveiller avec un sérieux mal de tête. On fait malgré tout très attention à notre forme les veilles de concert. On essaie, quoi... Je crois que l'expression « Après l'effort, le réconfort » s'applique parfaitement ici. Le reste du week-end, je bosse souvent pour Lamster en écrivant un nouveau morceau ou en travaillant sur divers aspects de la communication du groupe : site officiel (qui arrivera bientôt), myspace, design...
Darky : De manière générale, si on reprend la formule LAMSTER = (R'n'Roll X 5)³ + HEAVY/STONER METAL, on a bien dû s'auto-discipliner. On bosse le mieux possible. Pour les répètes, on a remplacé la bière par un métronome avec une courbe légère vers le délire en fin de répète. Ca fonctionne assez bien.

Si vous deviez représenter par un dessin l'idée que véhicule le groupe Lamster, à quoi ressemblerait-il ?
Fred : Encore une vacherie. Ça, c'est de la question ! Je verrais bien un vieux bluesman noir américain habillé en metaleux, pour le respect que j'ai pour ces pionniers. Ou un arbre énorme taillé en guitare pour mon côté écolo. Je suppose que l'un ou l'autre des Lamster va sortir un truc débile. Vincent : plutôt qu'à un dessin, j'ai pensé à un tableau : "Le cri" de Munch. Pour moi il représente bien ce qui m'inspire quand j'écris des paroles : c'est glauque, sombre, sanglant et on ressent l'anxiété, l'angoisse du mec à l'avant plan, il ressemble même un peu à un fantome, c'est un peu l'enfer là bas. Je suis un petit peu à coté de la question, car il ne s'agit pas tout à fait de l'image que nous véhiculons, mais ce coté sombre fait partie intégrante de notre musique. Sinon, toujours par rapport à ce tableau, on pourrait imaginer que le gars est entrain d'écouter Lamster dans son lecteur MP3 et il se dit "qué groupe de mert' " hahaha !
Greg : Vincent et sa moto assis sur le bord de la route et qui pleure parce qu'il a bobo à son genou... Quoi Fred ? C'est pas ça ?
Darky : Au Namrock, vers 00:00, Greg a fait un casting pour une photo d'un groupe de gars de dos avec le pantalon baissé. Je ferais donc un dessin avec cette photo.

Comment avez-vous vécu votre concours tremplin pour le Namrock, autant avant votre "victoire" qu'après ?
Fred : C'est un pote, Antoine, qui nous a d'abord parlé de ce concours. J'ai créé l'espace myspace du groupe (http://www.myspace.com/lamstermetal) et nous avons enregistré deux morceaux à la maison. Nous avons ensuite appris que le vote était un vote par SMS. Ca va peut-être surprendre mais ça m'a un peu soulagé. Je travaille dans le web et je sais à quel point un script web est difficile à sécuriser. Tu te retrouves toujours avec un gars qui sniffe toutes les requêtes et arrive à les envoyer plusieurs fois, ce qui fausse complètement les résultats... Dans un deuxième temps, nous avons été un peu stressé par la réaction d'autres groupes qui ont décidé de boycotter le vote parce que le groupe ne touchait rien alors que le système était soi-disant lucratif pour les organisateurs. En parlant de ça, nous avons quand même obtenu 6 guests, nous avons eu des bières gratos, à manger et l'accès aux backstage pendant toute la durée du festival... Je travaille aussi avec des systèmes de paiement SMS et je sais que c'est très cher. Ils n'ont pas du toucher grand chose. Nous avons donc eu un peu peur de la réaction de ces groupes à l'égard de Lamster. Mais vu les enjeux, ça aurait été ridicule de s'en priver et nous avons décidé de jouer le jeu. Puis les premiers résultats sont tombés. Nous étions deuxième derrière Skeptical Mind. Là, vu la qualité et l'avancement du groupe, nous avions du mal à y croire. Nous en avons parlé à tous nos amis, mis une annonce sur notre myspace qui a été très visité et ça a payé. Enfin, nous apprenons notre victoire. Inutile de te dire que nous étions aux anges ! C'est une bonne opportunité pour un groupe qui veut se faire connaître. Nous avons bien bossé pour nous préparer mais même si ce n'était pas notre premier concert en tant que musiciens, en tant que Lamster, nous n'en étions qu'à notre quatrième concert. Il faut s'attendre à de biens meilleures prestations dans l'avenir, nous sommes de plus en plus à l'aise.
Ber (trand)ou(nard) : Je n'en reviens toujours pas, je ne foule pas les scènes depuis longtemps et aller au Namrock c'était dément (sourire jusqu'aux oreilles). C'est le premier projet musical dont je fais partie et j'en suis très fier.
Greg : On a beaucoup bossé pour participer au concours, on voulait forcément être les vainqueurs, mais vu la qualité de certains groupes comme Skeptical Minds – et bien d'autres -, on n'y croyait pas trop. Quand les résultats sont tombés, j'ai été chez Fred avec des bières, on a rigolé beaucoup parce qu'on n'en revenait pas, on était sûr de passer à la trappe. Quand j'ai appelé Bernard pour lui annoncer la victoire, je rigolais tellement qu'il ne me croyait pas.
Darky : Sur le cul quand je l'ai appris. Ce fût une super expérience musicale. Ce fût également une super journée.

Comment vous êtes-vous préparés pour votre premier show de cette ampleur ? Avez vous été satisfait de votre prestation et de l'accueil que vous avez reçu du public et des organisateurs du Namrock ?
Fred : Nous avons d'abord défini notre set, set qui était très court... 25 minutes, c'est la moitié de ce que nous pouvons faire pour l'instant. Nous avons donc dégagé 7 morceaux de notre répertoire. Nous sommes partis avec l'idée que LAMSTER n'avait pas droit à l'erreur, nous avons un peu retravaillé notre son, fait quelques répètes et avons pas mal bossé chez nous. Tout s'est très bien déroulé. En ce qui concerne notre prestation, comme je l'ai dit, nous n'avons pas encore fait 100 concerts et chaque show amène son lot d'améliorations. De plus, là où la plupart des groupes disposaient de systèmes sans fil, nous étions coincés à notre place par nos jacks... Seul Vincent était vraiment mobile et il s'en est donné à coeur joie ! Point de vue public, c'était le matin, 11h et nous n'étions pas les groupes pour lesquels les gens s'étaient déplacés. Mais il y a eu quelques réactions positives, surtout de mon côté de la scène où je pense qu'un certain Christoune mettait l'ambiance (pardon j'ai pas pu résister !). Les organisateurs et le staff technique étaient très sympas et pro en même temps. Il y avait évidemment quelques problèmes qui ont été relevé par beaucoup de groupes. En général, ce sont des trucs qu'on sort pour justifier une faiblesse. Disons que les retours n'étaient pas toujours au rendez-vous mais je pense que beaucoup de groupes en ont l'habitude. Sinon, tout le monde était très disponible et la sécurité très sympa.
Greg : On a tous bien bossé pour être le plus à l'aise possible malgré notre faible expérience de la scène avec Lamster. Qu'est-ce que c'est marrant de jouer sur une scène de cette taille en tout cas. J'aurais juste voulu pouvoir bouger plus, mais les jacks et le stress... A la fin de la vidéo de « Knife in my back » tirée du Namrock, on peut voir que le public était assez réactif. C'est très agréable de partager notre passion et qu'on soit bien accueilli (avant midi).

En parlant du Namrock, est-ce que le fait d'y avoir joué vous a permis de nouer des contacts professionnels avec certains des groupes présents à vos côtés dans ce festival ?
Fred : Pas directement. Nous n'avons pas rencontré d'organisateur là-bas. Par contre, notre participation au Namrock nous a donné une certaine crédibilité et sans doute des facilités pour convaincre un organisateur. Pour les groupes, la plupart des groupes en tête d'affiche n'étaient pas très communicatifs. Par contre, je n'avais pas vu depuis longtemps Samuel de Virus IV et ça m'a fait plaisir de lui parler et de voir ce qu'il faisait maintenant. J'ai aussi eu une longue discussion avec Loïc de Shove It qui est très sympa.
Greg : J'ai trouvé les gars de Shove it super sympas, j'ai passé aussi un moment avec le batteur de Last Breath Messiah qui était vraiment cool, à part ça pas vraiment. Mais comme dit Fred, ça nous donne de la crédibilité vis-à-vis des organisateurs que l'on contacte. En plus du plaisir énorme qu'on en a tiré..

Que pensez-vous de la scène metal actuelle belge et mondiale ?
Fred : Haha ! Encore une super question. Pour la scène metal très médiatisée, je pense qu'il ne s'agit pas souvent de metal mais plutôt de pop plus ou moins dure avec des gens déguisés. Je dis souvent parce qu'on ne peut pas faire de généralités comme ça. Pour les autres, je trouve qu'il y a trop de vagues et pas assez de liberté dans ce qu'écrivent les groupes. Beaucoup de groupes sont piégés dans leur style. Les styles metal sont assez sectaires et si tu fais un pas en dehors du style, tu es renié par tes fans. Ca en arrive à un point tel qu'il faut parfois être vraiment fan d'un style pour arriver à distinguer un groupe d'un autre. Je ne vise pas un style en particulier... C'est l'aspect communautaire et rassembleur de ces styles qui a un côté pervers. Lamster impose d'entrée sa diversité musicale, les morceaux ont divers styles et personne ne pourra jamais nous reprocher des écarts puisqu'on en fait tout le temps et dès le départ.
Vincent : En Belgique, j'ai l'impression que ça bouge bien de puis quelques temps pour le metal, mais j'ai aussi l'impression que ça se radicalise à mort, qu'il y a de plus en plus de groupes et donc de fans de black, de death, de hardcore et beaucoup moins de hard rock ou de heavy metal... Sur la scène mondiale, il n'y a pas beaucoup de nouveautés, je me demande si on aura droit un jour, à part Lamster, à un nouveau Pantera, Metallica... un gros groupe de Metal quoi.
Ber (trand)ou(nard) : La scène métal belge évolue depuis pas mal d'années maintenant, elle se dirige principalement vers le metalcore et le hardcore. Quand le styles est bien géré et qu'il y a un petit truc en plus, j'adhère tout de suite. Dernièrement, j'ai découvert « komah », un groupe du centre, j'ai tout de suite accroché, je n'ai pas encore eu l'occasion de les voir sur scène, mais nous allons jouer avec eux le 2 mai à Braine le Comte, ca promet d'être une belle soirée !
Greg : J'aimerais vraiment un jour entendre un nouveau Pantera ou un nouveau Slayer. Entendons-nous bien, je n'ai pas envie d'un groupe plagieur, mais bien un groupe avec une stature aussi imposante que ces derniers. Mais...

Avez-vous d'autres groupes (belges ou d'autres nationalités) avec lesquels vous aimeriez travailler à l'heure actuelle ?
Fred : Bien évidemment ! En Belgique, il y a Loadead, Ramone Zarate, Gog of Magog, j'aime bien les gars de Cerebral Domination... Ces gars sont partout. J'aime bien ce que fait Set The Tone aussi. Je ne serais pas contre une petite collaboration avec Samuel de Virus IV qui est une vieille connaissance... Mais en gros, je n'ai pas beaucoup de temps, j'en consacre énormément à faire avancer LAMSTER et ces collaborations ne pourraient être qu'anecdotiques.
Greg : On ne peut pas vraiment parler d'envie de travailler avec un groupe, mais j'aurais vraiment aimé partager une affiche avec Channel Zero. Malheureusement, ça n'arrivera jamais...
Darky : J'ai vu RAMON ZARATE au Belvédère à Namur dernièrement, je suis fan.

Vous allez enregistrer une démo sous peu, pourquoi avoir attendu autant de temps avant d'enregistrer concrètement quelque chose, et à quoi devrons nous nous attendre ?
Fred : Nous avons attendu longtemps pour la même raison pour laquelle nous avons attendu avant de nous produire sur scène. Il faut d'abord dégager une orientation et au fur et à mesure nettoyer notre set des morceaux qui ne nous semblent pas assez bons. Il faut que la maîtrise soit la meilleure et après on peu se présenter et enregistrer. Je pense que si nous n'avions pas attendu aussi longtemps, nous le regretterions à l'heure actuelle. Nous avons déjà jeté quelques morceaux. Encore la semaine dernière, nous avons mis un nouveau morceau à la poubelle. Il n'était tout simplement pas assez bon pour Lamster. En ce qui concerne la démo, elle présentera 4 morceaux : « My Own Way To Survive » et « Rider » sont déjà présents en version home studio sur notre myspace mais dans une qualité de son très amateur. Il y aura aussi, « Back to the Metal », et « Lost in the Night », un morceau où on peut vraiment entendre les influences blues dans lesquelles baigne Lamster. Vous devez surtout vous attendre à entendre correctement ce que Lamster fait, ce qui n'a pas encore été le cas pour l'instant.
Greg : Je connais des groupes qui se sont malheureusement enfermés dans des styles qui marchaient à une certaine époque mais qui se sont avérés passagers. Leur notoriété relative a engendré le fait qu'il n'était plus possible de s'écarter de ce style. Je préfère qu'on ait pris le temps de pouvoir choisir dans un répertoire 4 morceaux qui nous semblent bons plutôt que d'enregistrer nos premiers morceaux sans pouvoir dire qu'on est satisfait de ces morceaux ou sans être totalement au point tous ensemble.

Beaucoup de personnes disent que Lamster est un groupe bourré de potentiel et d'avenir, que ressentez-vous par rapport à cela ?
Fred : Tout d'abord, merci à ces personnes. Nous visons une certaine reconnaissance et j'espère que nous allons aller très loin. Maintenant, ce potentiel, il faut encore le développer au maximum, nous y travaillons sans arrêt, nous n'avons déjà plus rien à voir avec ce que nous étions il y a un an et ça devrait être la même chose dans un an.
Greg : Merde, dis pas ça, j'ai mouillé mon dernier slip...

Au niveau des concerts on peut voir que vous faites souvent des petits shows dans la région wallone, mais projetez-vous de faire une tournée dans un futur proche ?
Fred : Jouer pour de petites organisations, dans des cafés... reste le lot des nouveaux groupes, c'est tout à fait normal. Pour l'instant, nous nous faisons une expérience. Il faut savoir aussi que jouer dans de petits shows est quelque chose de très agréable. Tout d'abord pour le contact humain avec les organisateurs et la proximité avec le public avec lequel tu peux parler franchement. Tu obtiens des critiques positives ou négatives et c'est très constructif. Tout est envisageable pour l'avenir. Pour l'instant, Lamster est en plein travail pour se faire une réputation et une place sur la scène Metal wallone. Nous passerons ensuite à l'ensemble de la Belgique puis nous essaierons de nous exporter. Nous avons la volonté de nous faire connaître et nous bossons pour ça.

D'après certains dires que j'ai entendus, Lamster est un groupe qui apprécie autant le bon metal que la bière et la débauche en général, comment vous défendez vous par rapport à cette accusation ?
Fred : Tout ça vient sans doute de notre comportement après un concert. Évidemment, tu mets cinq potes dans un soirée où on joue la musique qu'ils aiment, on leur paie l'entrée, on leur donne des bières et cerise sur le gâteau, on leur propose de présenter leur musique sur scène... BOOM ! Tu obtiens une bande de dégénérés assoiffés de conneries. Mais ce n'est pas une excuse. Le fait est que nous avons toujours eu beaucoup d'humour et que notre fonctionnement est un peu basé là-dessus. Une fois qu'un de nous fait une connerie, le mécanisme s'enclenche et c'est l'escalade. Il n'est pas toujours bon d'être là à ce moment. Ce n'est d'ailleurs pas toujours bien perçu par les gens. Nous aimons aussi beaucoup les gens, trouver des compagnons pour déconner et discuter. Je ne pense pas qu'un jour Lamster se prendra la tête et restera dans sa loge pendant un concert ou qu'on prendra quelqu'un de haut parce qu'on a participé au concert. Un concert, c'est aussi une fête et on n'en loupera pas une seule ! Donc je plaide coupable pour moi et tous les autres.
Vincent : Je voulais justement dire que dans la question tu dis "...apprécié..." mais justement j'ai bien peur qu'on ne soit pas toujours apprécié pour notre humour, surtout l'humour d'un certain fred Haha !
Greg : Ah bon ?! Quelle drôle d'accusation ! Tu parles bien de Lamster ? C'est presque diffamatoire ! (rires)

Merci d'avoir accepté cette interview, je vous laisse les mots de la fin pour les lecteurs !
Fred : J'espère voir un maximum de gens dans nos prochains shows ! Nous cherchons constamment à jouer alors si vous avez un plan Metal, n'hésitez pas à faire appel à nous... N'oubliez pas non plus que la démo arrivera début mai et qu'elle sera disponible en téléchargement sur notre myspace. Merci à SpellBound et à tous ceux qui ont lu cette interview jusqu'au bout (rires).

Line-up :

Vincent (chant)
Fred (guitare)
Greg (guitare)
Ber(nard)trand (basse)
Darky (batterie)

Discographie :

Demo (2008)

Site Officiel :

www.myspace.com/lamstermetal